Aller au contenu
Portail d’information santé — sans consultation en lignePaiement à la livraison · expédition sous 3 à 7 jours ouvrés
Santé Mûriers · portail

Conseils aux patients

Le salariat médical : une alternative concrète pour faciliter l'installation des jeunes praticiens

Selon What’s up Doc, le réseau de centres de santé 38.2 mise sur le salariat pour faciliter l’installation des jeunes médecins généralistes.

Le salariat médical : une alternative concrète pour faciliter l'installation des jeunes praticiens

Le modèle associe exercice en secteur 1, organisation pluriprofessionnelle et prise en charge intégrale des démarches administratives. Pour la médecine de proximité, l’enjeu dépasse le confort statutaire: il concerne la capacité des structures à attirer des praticiens et à stabiliser les flux de patients.

La proposition est portée par la Dr Ilana Arcis, médecin généraliste et membre de l’équipe fondatrice du réseau. Créé en 2023 à Paris, 38.2 réunit des généralistes, des pédiatres, des sages-femmes et des échographistes. Le réseau poursuit son développement dans la capitale et sa banlieue.

Le salariat comme outil d’installation

Le dispositif répond à une difficulté structurelle de la médecine générale: l’entrée dans l’exercice reste peu balisée pour les jeunes praticiens. La Dr Arcis a elle-même expérimenté plusieurs cadres — remplacements en maisons de santé, cabinets libéraux et hôpital — avant de rejoindre 38.2 lors de l’ouverture du premier centre, en mai 2023.

Le réseau propose deux modalités de rémunération: un salariat fixe ou un salariat en rétrocession d’honoraires, dépendant de l’activité réalisée. Dans les deux cas, le médecin reçoit une fiche de paie et n’a pas à anticiper le règlement de charges plusieurs mois après l’encaissement des honoraires, comme cela peut se produire dans l’exercice libéral classique.

L’organisation prend également en charge l’administratif. Les praticiens bénéficient, selon la présentation du réseau, d’une mutuelle, de tickets-restaurant et d’un accès à des salles de sport. L’agenda reste largement organisé par le médecin. Le modèle cherche donc à dissocier deux dimensions souvent imbriquées dans l’installation libérale: la responsabilité clinique et la gestion matérielle du cabinet.

Une réponse à la surcharge non médicale

Le sujet intervient dans un contexte de forte pression administrative. Valeurs actuelles, citant le Collège de la médecine générale, rapporte que la rédaction de certificats médicaux peut représenter entre 1 h 30 et 2 heures par semaine pour un généraliste, soit l’équivalent de six à huit consultations. Le même article évoque 400 000 certificats d’aptitude à la vie en collectivité produits chaque année pour les inscriptions en crèche.

Ces données éclairent la logique du modèle 38.2. La décharge administrative ne constitue pas seulement un avantage social. Elle vise à protéger le temps médical et à rendre l’exercice collectif plus soutenable. Dans une structure pluriprofessionnelle, le recrutement ne repose plus uniquement sur la capacité d’un médecin à financer et gérer son propre cabinet. Il dépend aussi de la qualité du maillage interne: secrétariat, coordination, matériel, recrutement et formation des internes.

La Dr Arcis partage aujourd’hui son activité entre les consultations, la gestion du réseau, le recrutement et la formation. Cette double fonction illustre une évolution des maisons et centres de santé: le praticien peut participer à la gouvernance sans porter seul l’ensemble des contraintes économiques et administratives de l’installation.

Pour les patients, un effet indirect mais décisif

Le dispositif ne modifie pas, à lui seul, les conditions d’accès annoncées aux consultations. Il ne permet pas non plus de conclure à une amélioration automatique de la disponibilité médicale. En revanche, il cible un point déterminant pour les parcours de proximité: la capacité d’une structure à conserver ses médecins et à organiser une équipe stable.

Dans un territoire où trouver un médecin est présenté comme un parcours de plus en plus complexe, les centres de santé cherchent ainsi à agir sur l’offre en amont. Le salariat, l’exercice en équipe et la prise en charge des fonctions support deviennent des instruments de recrutement, au même titre que les locaux ou la patientèle.

Le point à suivre sera la capacité de ce modèle à maintenir un équilibre entre souplesse d’agenda, développement du réseau et continuité des soins. Pour les centres pluridisciplinaires, la question n’est plus seulement d’ouvrir des sites. Elle consiste à construire une organisation assez robuste pour attirer de jeunes médecins, limiter la charge périphérique du soin et inscrire durablement les praticiens dans le territoire.